Souveraineté et Sécurité Alimentaire
         


Idrissa GUINDO
Chargé de Programme Développement Dural de la Coopération Suisse au Mali
Objet : Note relative aux documents de programme du CRCR et de l’UAPAD en cohérence Avec la KA

I- Finalité
La ligne de conduite que donne la proposition de crédit relative à « l’accompagnement des initiatives des organisations paysannes pour la sécurité alimentaire, la gestion des ressources naturelles et la promotion des exploitations familiales » est son cadre logique. Qui a comme finalité : contribuer à la modernisation des exploitations familiales et la sécurité alimentaire des membres des organisations paysannes soutenues.
Dans cette finalité on a deux idées clés qui sont : la modernisation des exploitations familiales et la sécurité alimentaire.
1- Modernisation des exploitations familiales
Dans le contexte de ce document la modernisation des exploitations familiales est un ensemble d’actions qui contribuent à la rénovation ou à l’actualisation des exploitations familiales. En ce moment les actions de la modernisation peuvent être sur la technique d’organisation de l’exploitation, de production agricole (gestion optimale de la fertilité des sols, des eaux de surface et souterraines). La modernisation des exploitations familiales passe par le changement du mode et de moyens de production et le changement des habitudes dans la gestion et dans la prise de décision par exemple : une exploitation familiale moderne est capable d’établir de façon élémentaire son compte exploitation de la campagne et de prendre la décision.
Partant de cette analyse, on peut dire qu’il existe une cohérence de la finalité avec les documents du CRCR et de l’UAPAD. Dans le document de l’UAPAD par exemple, il est prévu de faire la formation des exploitations familiales sur le Conseil de Gestion à l’Exploitation Familiale ensuite faire la multiplication des acquis de la formation dans d’autres exploitations familiales.
Le Conseil de Gestion à l’Exploitation Familiale est une démarche permanente d’accompagnement de paysans et de paysannes volontaires qui souhaitent moderniser leur exploitation afin de vivre décemment de leur métier. C’est un processus d’aide à la décision qui, à travers la formation, le suivi rapproché et les visites d’échanges, induit progressivement des changements de mentalité et de comportement permettant aux exploitations membres de faire évoluer leurs pratiques techniques (intensification, gestion de la fertilité des sols, assolements, etc.), financières (prévision budgétaire, maîtrise des dépenses, calcul de la rentabilité des activités, etc.), organisationnelles (structuration, pilotage et contrôle des organisations paysannes, mise en marchés collectifs, etc.) et sociales (prise de responsabilité accrue, meilleure maîtrise des dépenses au sein de la famille nucléaire et élargie, etc.)
Grâce aux échanges réguliers entre exploitations familiales et animateurs, qui doivent fonctionner de façon autonome permettra aux paysans d’intégrer progressivement dans leurs raisonnements le schéma classique du cycle de la gestion : prévision, réalisation, évaluation.
Selon le bureau du CRCR dans la région de Sikasso les paysans ont une maîtrise sur ce thème grâce à la CMDT.
2- Sécurité alimentaire
Ce qui est de la cohérence du cadre logique de la proposition de crédit et les documents de programmes du CRCR et de l’UAPAD il y a sans doute une nuance au niveau du concept sécurité alimentaire. Les documents de programme ne mentionnent pas de façon explicite ou du moins traitent à moitié la stratégie de mise en œuvre des activités de sécurité alimentaire sur les 4 piliers.
La sécurité alimentaire selon la LOA s’entend par la disponibilité et l’accessibilité en tout temps et en tout lieu de produits alimentaires de qualité pour la satisfaction des besoins énergétiques et des préférences alimentaires pour mener une vie saine et active.
Suite à cette définition on constate une petite incohérence entre le cadre logique et les documents des organisations paysannes. La définition susmentionnée de la sécurité alimentaire met l’accent sur la disponibilité et l’accessibilité tandis que les deux documents de programmes mettent plutôt l’accent sur les productions locales et la responsabilisation des producteurs. Ces deux derniers concepts sont plus proches de la définition de la souveraineté alimentaire qu’à la sécurité alimentaire.
Donc il est important de faire la part des choses entre les concepts du cadre logique de la proposition de crédit et ceux des documents de programmes des organisations paysannes. Etant donné que la proposition de crédit est un document déjà validé, il revient aux organisations paysannes d’adapter leurs documents de programmes à cela.
Les priorités dégagées par les bureaux du CRCR et de l’UAPAD et les animateurs lors de l’élaboration de leurs documents de programme de sécurité alimentaire et de gestion des ressources naturelles permettent d’atteindre les objectifs. Mais à condition qu’ils prennent en considération les stratégies de diffusion auprès des exploitations familiales les pratiques qui leurs permettront de changer leurs habitudes alimentaires et de leurs modes de productions et de gestion des récoltes.
Evidemment dans les documents de programme ont constate que les activités mentionnées et les stratégies de mise en œuvre ne sont pas bien détaillées surtout en matière de vulgarisation de technologie auprès des exploitations familiales.
II- Résultats attendus
Les résultats attendus des deux documents de programme du CRCR et de l’UAPAD marquent une certaines incohérences avec ceux du cadre logique. Ces incohérences portent sur :
• Le manque de renforcement des capacités du bureau en technique de gestion administrative et financière.
• Le manque de façon explicite des activités de gestion des ressources naturelles ;
• La stratégie de mobilisation des ressources pour assurer la prise en charge des coûts de fonctionnement (réunions statutaires et réunions des bureaux, fonctionnalité des sièges) de manière autonome.
• La capitalisation des expériences aux profits de leurs membres notamment l’UAPAD de Tominan.


Par: A. BALLO Chargé de Communication

Mise en ligne : 6 mars 2008